La malnutrition progresse à un rythme alarmant partout dans le monde. À l’approche de la Conférence nationale humanitaire (CNH), Action Santé Mondiale tire la sonnette d’alarme.
Alors que les crises humanitaires se multiplient et s’aggravent, les coupes inédites dans la solidarité internationale fragilisent encore davantage les populations les plus vulnérables. Nous refusons que cette conférence se résume à des déclarations d’intention. Elle doit être un tournant : une véritable re-priorisation politique et un réengagement financier fort de la France pour répondre à l’urgence humanitaire et à la lutte contre la malnutrition.
LA FAIM N’EST PAS UNE FATALITÉ. C’EST UN CHOIX POLITIQUE.
Enfants de < 5 ans souffrant de malnutrition aiguë à Gaza
La malnutrition aiguë sévère a
doublé en seulement 1 an au
Darfour
Enfants ayant perdu l’accès aux
services nutritionnels faute de
financement.
L’insécurité alimentaire et la malnutrition atteignent des niveaux alarmants. Conflits prolongés, dérèglement climatique, effondrement des systèmes agricoles et surtout désengagement massif des bailleurs internationaux alimentent une crise qui s’aggrave.
La faim ne progresse pas par manque de solutions. Les outils existent. Les expertises aussi. Ce qui manque, ce sont des décisions courageuses et des financements à la hauteur.
Alerte après alerte, les crises nutritionnelles s’intensifient tandis que la réponse internationale demeure insuffisante.
En France, l’aide humanitaire chute brutalement : de 895 millions d’euros en 2024 à 294 millions prévus en 2026. L’Aide Alimentaire Programmée (devenue IFSAN) passe de 150 à 50 millions d’euros.
Cette trajectoire compromet la capacité des organisations à répondre à des crises pourtant évitables. Elle affaiblit aussi la crédibilité du leadership français, 1 an seulement après les engagements pris lors du sommet Nutrition for Growth en 2025 à Paris.
Le décalage est flagrant : sans financements suffisants, prévisibles et fléchés, les ambitions affichées perdent leur portée.
UNE MESURE SIMPLE. UN IMPACT VITAL.
Face à l’aggravation des crises nutritionnelles, nous portons une solution concrète et immédiatement mobilisable : Augmenter d’un centime par canette la taxe sur les boissons sucrées et affecter intégralement cette ressource supplémentaire au financement des urgences nutritionnelles.
Un principe simple : transformer une contribution minime en un levier majeur pour sauver des vies.
Un centime par canette permettrait de générer près de 100 millions d’euros par an.
C’est plus de 2 millions d’enfants pouvant bénéficier d’une prise en charge nutritionnelle vitale chaque année.
En 2026, à l’approche de la Conférence nationale humanitaire et dans le cadre de la présidence française du G7, la France peut faire le choix d’un leadership concret.
Pas de déclarations symboliques, mais :
La CNH 2026 doit traduire l’engagement politique
en budgets concrets, faisant de la lutte contre la
malnutrition le pilier d’une réponse humanitaire
française plus ambitieuse et prévisible.
À travers sa présidence du G7, la France doit mobiliser les puissances mondiales pour combler le déficit de financements et garantir une réponse coordonnée aux crises alimentaires les plus graves.
Le budget et la présidentielle de 2027 sont l’ultime occasion d’ancrer la nutrition au cœur de la diplomatie française, via une hausse durable de l’APD pour répondre aux urgences vitales du siècle.